vote-budgetPour cette intervention, nous nous appuyons bien sûr sur les éléments budgétaires que vous nous présentez ce soir, mais également sur ce qui a été dit lors des 2 réunions de présentation du budget aux creillois.

Nous attirons l'attention sur le peu de participation des creillois, notamment à la réunion du quartier Rouher.

 Le vote d'un budget donne une image de la vie de la ville.

Dans un contexte économique difficile, où les inégalités s'accroissent, où des réformes, des transferts de charge, viennent impacter les finances locales, la nécessité de faire des choix de plus en plus difficiles, s'impose.

 Nous articulerons notre intervention autour de 7 points :

la subvention au CCAS,

la hausse sensible du chauffage urbain, de l'électricité,

la baisse du montant des réceptions,

les correspondants de nuit,

les projets et les études avec un point sur la situation de la librairie « Entre les lignes » ,.

l'incidence de l'annulation de la Déclaration d'Utilité Publique de l'ilot commercial Dunant ,

l'impact du changement des rythmes scolaires sur le budget.

 

Pour conclure, nous dirons notre positionnement sur ce budget.

 

 Quand les charges augmentent, qu'il y a des projets à financer, que nous n'augmentons pas les taux d'imposition, il faut bien faire des économies quelque part.

Vous avez dit lors des réunions de présentation aux creillois que vous aviez demandé aux services municipaux de travailler sur des budgets avec des économies à réaliser. Nous aurons, tout à l'heure des précisions à vous demander sur un certain nombre d'entre elles. Ce n'est pas pour l'instant, l'objet de cette intervention.

 

1) La subvention au CCAS.

Dans le budget qui nous est proposé, la subvention au CCAS s'élève à 1 640 000 €. Soit 5 000 € de plus qu'en 2012. Par rapport à la montée de la précarité, cela nous semble insuffisant. D'autant plus insuffisant, qu'il y a un important effort d'accompagnement, d'écoute à effectuer auprès des personnes en difficultés. Nous constatons que le CCAS voit ses missions augmenter du fait que le Conseil général a des difficultés à répondre aux demandes d'accompagnement. Nous attirons l'attention sur le fait que nous assistons à des transferts de charges sur les communes. Il est par ailleurs de plus en plus reconnu que si les associations avec leur bénévoles n'étaient pas là pour palier aux manques des services publics, ça exploserait dans les quartiers. Nous saluons leur action discrète qui n'est pas souvent valorisée.

 2) La hausse sensible du chauffage urbain, de l'électricité.

Nous nous interrogeons sur la hausse du chauffage urbain et de l'électricité. Pouvez-vous nous dire actuellement le montant des économies d'énergie réalisées, car nous n'en voyons pas les impacts sur le budget. Toute proportion gardée, lorsque Oise Habitat a mis en place la chaufferie-bois, les locataires ont pu voir leurs charges de chauffage diminuer jusqu'à un mois de loyer. Nous ne constatons pas l'impact des économies d'énergie sur le budget municipal.

 3) La baisse du montant des réceptions.

Vous êtes souvent interpelé sur les frais de réceptions et de communication. En 2012, le montant des frais de réception s'élevait à 85 226€. En 2013, vous budgétez 35 440 €. Est-ce une reconnaissance qu'en 2012, vous aviez trop ouvert les robinets?

 4) Les correspondants de nuit.

Nous tenons à saluer le travail effectué par les correspondants de nuit. La ville dans le cadre d'un GIP, finance leur mission.

Nous souhaitons attirer l'attention, comme je l'ai fait tout à l'heure pour le CCAS, sur le risque là aussi d'un transfert de charge. En effet, dans l'évaluation de leur activité, il ressort qu'un peu plus d'une centaine de leurs interventions concerne des alertes sociales. Cela montre que les services publics chargés du social ne sont plus sur le terrain. Ce n'est pas au budget de la ville ni aux locataires des HLM, de payer ce que les services concernés ne font pas.

 5) Les projets, les études.

Nous sommes très inquiets de la désertification commerciale du centre ville ( Fermetures du Romantique, K-burger, Chic Parisien fermé depuis des années, le lutin bleu.) La première image que l'on a de Creil, lorsque l'on arrive de la gare, c'est le centre vile. Celui-ci n'est pas bien entretenu. Le centre ville est délaissé. Nous ne trouvons pas une action dynamique pour le développement des commerces. Sans dynamique commerciale, une ville meurt.

 

Je ne peux ici, faire l'impasse sur la situation de la librairie « Entre les lignes ». Nous avons été destinataires d'une information concernant le non paiement de deux factures, par la mairie, pour un montant de 19 943,25 €.

Nous connaissons la décision de ne pas attribuer le marché des livres de la médiathèque à cette librairie.

Le fait de ne pas régler ces factures, comme cela a été fait pour les autres partenaires de « la ville aux livres », conforte le soupçon d'un règlement de compte avec cette librairie. Nous vous demandons Monsieur le Maire d'effectuer le règlement des 19 943,25 € immédiatement à cette librairie.

Nous espérons qu'il n'y a pas d'autres situations comme celle-ci. Car cela nous amènerait à une autre lecture. Est-ce que la mairie ne fait pas de « la cavalerie » avec la trésorerie, ce qui serait très inquiétant sur l'état des finances de notre ville?

 Par ailleurs, lors des réunions de présentation du budget, nous avons appris qu'une somme de 230 000 € était consacrée à une étude pour l'Ile St Maurice. Nous ne comprenons pas l'information nous est présentée page 29.

Pourquoi cette étude, alors qu'un projet avait été validé lors d'une réunion publique le 25 octobre 2007? Pour l'instant, ma question ne concerne que cette somme de 230 000€. Pour le projet en lui-même, j'y reviendrai lorsque nous l'aborderons au point 30 de l'ordre du jour.

 Une autre étude a également été annoncée pour un montant de 60 000€ pour le quartier du Moulin. Je rappelle que des études ont déjà été réalisées par Oise la Vallée sur ce quartier, avec la participation des membres du conseil de quartier. Il est sûrement nécessaire de les réactualiser, mais attention à ne pas multiplier les études sans suivi. Ce quartier se dégrade. Il y a notamment le point noir du stationnement. Des propositions ont été faites en conseil de quartier mais n'ont pas été reprises par la municipalité alors qu'elle les trouvait intéressantes.

 6) L'incidence de l'annulation de la Déclaration d'Utilité Publique de l'ilot commercial Dunant sur le projet ANRU.

Nous souhaitons connaître l'état des négociations avec les 6 commerçants et propriétaires concernés. Le projet de rénovation ne peut réussir que si chacun y retrouve son compte. Sur ce dossier, nous suggérons la mise en place d'une médiation qui pourrait rapprocher les points de vue dans un sens « gagnant-gagnant. » Il vaut mieux une négociation plutôt qu'un procès, cela coûterait moins cher pour les deux parties.

 7) L'impact du changement des rythmes scolaires sur le budget.

Les parents se sont prononcés pour l'école le mercredi.

Si nous nous plaçons d'un point de vue budgétaire et selon les informations données aux représentants des parents d'élèves, la solution retenue coûtera à la ville, pour l'hypothèse basse, 107 511 € , déduction faite de la participation de l'État pour la première année.

Sur quoi sont effectuées les économies pour financer cette réforme?

 Notre positionnement sur le budget.

Pour conclure et au regard

de la faible augmentation de la subvention du CCAS,

des transferts de charges,

du manque d'une politique dynamique co-construites avec les commerçants,

de la situation faite à la librairie « Entre les lignes » avec les questions d'impartialité ou de risque de « cavalerie » de trésorerie qu'elle pose,

du bras de fer judiciaire du centre commercial Dunant,

des études qui se multiplient alors que certaines sont déjà réalisées,

des projets à long terme qui ne doivent pas faire oublier le présent comme l'image donnée par le centre ville,. Le centre ville est une vitrine quand les voyageurs arrivent à la gare de Creil.

Pour toutes ses raisons, nous nous abstiendrons sur ce budget.

 

Merci pour votre attention.